J’ai eu une autre confirmation de l’importance de cette vérité en 2005, où j’ai vécu une puissante libération énergétique, qui s’est prolongé pendant trois nuits d’affilée.
La première nuit, j’ai senti une brûlure au niveau du cœur, très vive, et j’ai été incapable de fermer l’œil tant le sentiment de joie qui m’inondait était exquis. Les deux jours suivants, c’était comme si une conscience seconde m’accompagnait en permanence, se manifestant depuis mon cœur, m’incitant simplement à écouter.
Cela m’a amené à intérioriser encore ma compréhension du divin. Auparavant, lorsque je priais, je m’adressais à une présence que je ressentais comme située en dehors de moi. C’était l’âme de la créature qui s’adressait à son Créateur. J’avais accepté l’idée que Dieu était présent en toutes choses, mais en même temps, je le plaçais au sommet d’une hiérarchie qui surplombait l’humanité. Or, ce qui s’est passé avec cet éveil du cœur, c’est que j’ai soudain eu conscience que la présence divine n’était pas en dehors, mais cachée à l’intérieur de chaque être humain, et qu’en réalité, c’est à mon cœur que je m’adressais depuis le début lorsque je priais.
J’avais déjà trouvé cette notion présente dans certains textes, mais je n’avais pas compris ce qu’elle signifiait avant que cette nouvelle expérience m’en donne la clé. Peu de temps après, alors que je me recueillais, une image m’est venu spontanément : elle représentait deux êtres qui se donnent la main, puis fusionnent ensemble, le produit de leur union donnant naissance à un soleil. Lorsque je l'ai reçue, elle était accompagné d’un sentiment d’amour particulièrement vibrant, et montrait la puissance extraordinaire que nous pouvions dégager lorsque nous arrivions à nous réunir avec nous-mêmes. Depuis ce moment, j’ai progressivement abandonné l’idée d’une hiérarchie quelconque dans la Création, lui préférant l’idée que Dieu est en réalité immanent à nous, mais à ce qu’on pourrait appeler en philosophie un « nous transcendantal », c’est-à-dire ce que nous sommes lorsque le voile de l’oubli est totalement levé.
L’une des choses qui m’a permis de concrétiser ces intuitions a été la lecture des cahiers de la Terre Nouvelle écrits par Roger Delogne. Cet homme y racontait que, après avoir été un matérialiste convaincu, les épreuves qu’il a traversées dans l’existence lui ont finalement permis de vivre un grand éveil intérieur. Sa démarche, à partir de là, à été très simple : se confier entièrement à son cœur. Recevant d’abord des indications sous formes d’intuitions ou des chants, il a progressivement recueilli des messages de plus en plus précis. L’un de ses textes m’a tout particulièrement intéressé, car il portait justement sur cette notion de hiérarchie implicite dans la plupart des systèmes spiritualistes :
J’ai, par la suite, eu l’occasion de rencontrer Roger en personne en 2007, et j’en garde un souvenir assez vibrant, car il fait partie des êtres en qui tout s’est uni, simplifié, pour ne plus laisser que l’amour.
Ses textes, en tous les cas, résonnent profondément avec ce que je ressens et, à l’époque, ils m’ont fourni une interprétation cohérente de mes rêves. Ce qu’ils expriment, en effet, c’est que ce qui est à l’origine de toutes choses n’est pas Dieu au sens où l’entendent les religions, mais un « Collectif originel ». Ce dernier ne peut pas être défini, ni dénombré, mais s’il fallait le décrire, on pourrait dire qu’il s’agit d’une matrice formée de pure conscience, existant en dehors du temps, et contenant tout ce qui est. Le Collectif est à la fois l’Un, puisque rien n’existe en dehors de lui, et pourtant il est multiple, formée d’« étincelles de lumière » qui sont l’âme de la Création. C’est la source de toutes choses.
Par-dessus tout, ce que le collectif originel aime faire est expérimenter. Il invente des univers pour y vivre toutes les expériences possibles. Pour se faire, les étincelles de lumière imaginent ces derniers, puis se projettent en eux, donnant ainsi naissance à une sorte de jeu de rôle d’envergure cosmique. En tant qu’êtres humains, nous sommes des émanations de ces étincelles, et tout en étant amnésiques, nous restons connectés à elles. Je vais citer ici un extrait un peu plus long d’un texte de Roger, qui me semble bien expliquer comment fonctionne ce lien :
« Nos différentes parcelles sont connectées en permanence. Elles ne le perçoivent pas toujours là où elles oeuvrent. Elles agissent indépendamment les unes des autres et pourtant, elles s'influencent mutuellement. Il existe un autre lien qui les unit, un fil rouge qui leur distribue les rôles et les informations. Pourquoi vivons-nous sous de nombreux aspects en même temps ? C'est tout simplement pour polir de nombreuses facettes de nos talents. Quel est l'intérêt de multiplier les expériences ? Nous sommes tellement vastes, disposons d'un tel potentiel infini, que de nombreux terrains d'aventures pour nous connaître sont nécessaires. Ainsi donc, toutes nos vies parallèles expérimentent, façonnent, polissent, une facette précise de nos talents et ce, dans le respect du thème central d'un cycle cosmique.
En voici un exemple. Imaginons qu'une partie de nous, vit en Haute Egypte dans la civilisation pharaonique. Nous sommes un felouquier, envoûté par les qualités énergétiques de cette civilisation. Que faisons-nous là ? Nous expérimentons une forme d'humilité, celle qui consiste à consacrer une existence à se laisser envelopper par des énergies contrôlantes et bienfaisantes.
En effet, l'essence même de cette civilisation est de satisfaire nos besoins élémentaires, de nous protéger et d'élever notre conscience. Elle prend tout en charge et demande que nous lui faisions confiance. Voilà où nous conduit l'humilité, à accorder notre entière confiance au Pharaon, aux Prêtres et à l'administration civile et militaire. Nous remettons notre souveraineté entre leurs mains. Telle est la signification même du rôle que nous jouons consciencieusement là-bas. S'il nous procure un sentiment de sécurité, il anesthésie l'élan vital de notre être complet, unifié. Nous comprenons dès lors, combien il nous est indispensable de prester ailleurs une séquence qui exalte la souveraineté. (…) Assez paradoxalement, nous la découvrons dans un scénario où nous occupons une vie de serf, de servitude au service d'un seigneur local quelque part en Europe dans ce que nous appelons le bas Moyen-Age. Oh ! Surprise, comment un serf peut-il exalter sa souveraineté ? Voici comment. Nous connaissons l'humilité, les parcelles égyptiennes et moyenâgeuses de nous-mêmes sont spécifiquement connectées. Les informations concernant nos vies respectives circulent particulièrement bien entre elles. Nous avons camouflé notre souveraineté derrière la façade d'un serf. Toutefois, une joie intérieure nous habite profondément. Tous les êtres autour de nous l'observent, la palpent et en bénéficient. Même le châtelain le sait, car il vient nous voir plusieurs fois par semaine sous des prétextes anodins, des arbres abattus par une tornade, de l'eau qui stagne sur les chemins, la venue du printemps ou l'arrivée des hirondelles...
En fait, il vient, à son insu, s'abreuver de notre joie de vivre. Nous n'avons aucun ascendant sur lui, aucun conseil à donner. Cependant, nous avons un mot pour rire à tous propos. Et ce mot résonne profondément en lui, autant qu'en nous. Nous parlons en toute franchise de ce que nous ressentons. Nous sommes à chaque instant en accord avec nos faits et gestes, et ce, quoi que le châtelain ou sa cour en pense. Nous n'éprouvons aucun sentiment de vivre sous leur tutelle. Au contraire, nous faisons la pluie et le beau temps dans notre royaume intérieur en toutes circonstances. A aucun moment, l'impression d'être protégé, moyennant notre allégeance au châtelain ne nous effleure. Nous sommes plus souverains que le seigneur des terres qui est influencé par les aléas de son règne. Il est traversé par des peurs, des doutes. Il craint que l'intégrité de son territoire ne soit entamée. Il ne perçoit pas que cette intégrité est d'abord taraudée de l'intérieur. Bref, il vit dans l'insécurité avec en faible degré de souveraineté.
Percevons-nous ces deux épisodes ? Mettons-les maintenant en relation avec le fil conducteur du grand spectacle cosmique. "Liberté, liberté, quand tu nous tiens" est un des titres accrocheurs de la superproduction. L'existence égyptienne s'y rattache par le biais suivant. La liberté n'est pas une qualité à proprement parler: Elle relève d'un état d'esprit engendrant des gestes, des paroles qui traduisent l'absence de retenue. La liberté connaît divers degrés, depuis la liberté d'être jusqu'à la liberté d'appliquer nos quatre volontés. En exerçant notre liberté d'être ce que nous sommes depuis toujours, nous rejoignons la qualité de la souveraineté. En utilisant notre liberté afin de soumettre d'autres à nos désirs, nous renforçons la soumission. Non seulement, nous dominons certains de nos pairs, mais nous prenons le dessus sur nous-mêmes. En effet, nous jugulons les élans fraternels de notre être éternel, nous le soumettons à notre bon vouloir. (…)
La vie égyptienne s'apparente à la liberté surveillée par la puissance bienveillante du pharaon. La vie de serf "souverain" est celle de la liberté d'être dans toute sa splendeur. Ces deux vies se rattachent donc au scénario général. Elles sont autonomes, et solidaires. Elles sont libres et reliées. Notre tâche consiste à combiner ces divers éléments avec toutes nos existences simultanées.
L’univers, de ce point de vue, n’apparaît plus comme quelque chose qui aurait été fabrique par une entité omnipotente, mais beaucoup plus comme une création collective continue, un terrain d’expérimentation quasi infini. Nous existons dans le temps et dans l’espace, et nous sommes donc du côté manifesté de l’univers, mais en même temps, une partie de nous se situe de « l’autre côté ».
Cela correspondait tout à fait aux messages que j’avais reçus par l’intermédiaire de mes rêves, et à ce que j’avais tenté de formaliser sous forme de théorie de la connaissance dans ma thèse. Dans cette façon de concevoir les choses, il n’y a plus de temps linéaire dans laquelle l’esprit évolue : il n’y a plus qu’une pièce de théâtre dont nous sommes simultanément les auteurs, les acteurs… et même le décor !
J’aspire depuis longtemps à une réelle égalité entre les humains, entre les êtres. Cependant, l’institution du ciel se dévoilait jusqu’à présent sous la forme d’une structure hiérarchique pareille à une administration, céleste certes, mais à une administration malgré tout. Il y avait nous, puis les maîtres de la hiérarchie, nous et les anges ou les archanges, nous et les élohims ou les séraphins, Dieu (avec majuscule) et nous. L’humanité était sensée être au bas de l’échelle. Je reflétais cette disposition hiérarchique en me considérant plus noble que les animaux, les végétaux et les plantes. Nous savons maintenant où mène une telle division et un tel sentiment de supériorité entre le « nous » et le « eux. » L’information suivante va bien plus loin que la simple affirmation selon laquelle dieu est en nous, que nous sommes une parcelle du divin. Elle précise tout bonnement que dieu n’existe pas. Si nous tenons à utiliser encore ce vocable, alors, nous sommes le dieu ultime, le collectif originel existant de toute éternité. Voilà pourquoi mon cœur a fondu devant une nouvelle appellation contrôlée, celle de la grande fraternité. La vie m’a permis de la faire circuler et de l’exprimer par une chanson qui clôture ce cahier.
Les perspectives ouvertes par les informations obtenues sont incommensurables. La métaphore du grand spectacle cosmique joué depuis des milliards d’années laisse entendre que nous allons prester collectivement le final, un final aux allures grandioses, indescriptible par notre mental actuel.
Roger Delogne, Cahiers de la Terre Nouvelle. (texte en ligne)