De ce point de vue, ce qui fait la spécificité de l’histoire que nous vivons à présent, c’est qu’elle a exploré nos aspects les plus sombres. Car, dans cette infinité d’histoires inventées par le collectif originel, il était inévitable que certaines développent des thèmes de plus en plus ténébreux, dans le but de répondre à la question de savoir jusqu’où la lumière originelle était véritablement incorruptible. C’est à ce moment qu’elles ont conçu ce labyrinthe qui les plongerait si loin dans la dualité qu’elles en risqueraient de sombrer complètement. Philip K. Dick décrira cela de la façon suivante dans son roman Siva :
“ Nous étions de grands bâtisseurs, mais un jour, nous avons voulu nous livrer à un jeu. Nous l’avons fait délibérément : étions-nous d’assez grands constructeurs pour bâtir un labyrinthe comportant une issue, mais une issue qui changeait constamment, de sorte que, de notre point de vue, la sortie existerait et pourtant elle n’existerait pas, parce que le labyrinthe serait vivant ? “
Personnellement, j’ai aujourd’hui la certitude que l’homme n’est pas un simple accident de la matière, mais l’incroyable architecte d’une chute voulue. En donnant naissance à une réalité dominée par l’amnésie et la dualité, le Collectif a tenté quelque chose d’à la fois terrible et extraordinaire, qui a consisté à amputer son propre pouvoir pour voir s’il était capable de résister à l’anéantissement. Par conséquent, l’angoisse, le sentiment de finitude, la négation d’amour, le matérialisme sont des moyens de ce test. Leur fonction est de nous permettre d’expérimenter une mise en danger extrême :
« Les siècles récents, je pourrais même dire les millénaires proches, ont coïncidé avec une lente diminution de lumière. Votre espace s'est assombri aussi sûrement qu'un rhéostat diminue l'éclairage d'une pièce bien illuminée pour ne laisser qu'un filet ténu de lumière. (…)
On nous a souvent parlé d'un monde sans forme où nous existons sous l'aspect de pure énergie et d'un monde terrestre fut-il une apparence, qu'en est-il ?" Direz-vous. Nous sommes une intelligence collective créatrice et nous avons voyagé dans de nombreuses sphères de vie. Celles et ceux parmi nous qui avons créé et puis fréquenté les plans les plus denses ont eu bien du culot. Ce sont les véritables aventuriers des univers.
Certains d'entre eux ont expérimenté l'immersion de leur étincelle de lumière jusqu'aux limites de sa destruction. Cela faisait partie de leurs fonctions sacrées et de l'héritage qu'elles souhaitaient nous léguer. Au bout de ces expériences extrêmes, elles ont accompli le bilan de leur démarche. Il en résultait avant tout qu'une étincelle de lumière est indestructible. Les situations les plus infernales n'ont jamais réussi à en détruire une seule. La densité extrême ou la noirceur totale, n'ont jamais endommagé une quelconque étincelle. »
Roger Delogne, Cahiers de la Terre Nouvelle, Roger Delogne (voir texte en ligne)