Le rêve d'EinsteinDans ce rêve, Einstein se voit au sommet d'une colline alors qu'il fait nuit. Il se met en boule, et commence à dévaler la pente.
Il prend de plus en plus de vitesse alors qu'il tombe.
Or, la pente est interminable, si bien qu'il ne cesse d'accélérer. Il se produit alors un phénomène étrange : il voit les étoiles se déformer, les points de lumière d'étirer, jusqu'à se transfomer en lignes. C'est alors qu'il se réveille.
Les trois rêves de DescartesNote : ces trois rêves ont été faits par Descartes dans la nuit de la Saint Martin, du 10 au 11 novembre 1619, alors qu'il a 23 ans.
Premier rêve
Le premier songe débute par la rencontre de fantômes qui épouvantent Descartes. Il a aussitôt peine à marcher, obligé de se renverser sur le côté gauche parce qu'il sentait une grande faiblesse au côté droit. Il aperçoit un collège, et tâche de gagner l'église pour y prier. S'étant aperçu qu'il avait passé un homme de sa connaissance sans le saluer, il veut retourner sur ses pas. Mais le vent (ou un mauvais esprit "a malo spiritu") le repousse violemment contre l'église. Il est emporté par une espèce de tourbillon... Sur le pied gauche par ce vent impétueux, Descartes s'étonne de voir ceux qui l'entourent droits et fermes sur leurs pieds. Il s'entretient, au milieu de la cour du collège, avec une autre personne qui l'appelle par son nom, et lui dit que s'il voulait aller trouver M. N., il avait quelque chose à lui donner. Descartes s'imagine que c'est un melon qu'on avait apporté de quelque pays étranger.
Deuxième rêve
A nouveau endormi, il est tiré de son sommeil par un bruit aigu et éclatant qu'il prend pour un coup de tonnerre. Il voit alors sa chambre remplie d'étincelles...
Ce deuxième rêve, qui est en réalité plus proche de la vision, exprime une puissante illumination intérieure. En réponse à sa prière, il s'est produit une unification entre les forces de la raison et de la conscience et celles du coeur et de l'inconscient de Descartes.Troisième rrêve
Dans son dernier rêve, Descartes se retrouve à sa table de travail avec un premier livre, un dictionnaire ou une encyclopédie. Quand il veut s'en emparer, il saisit un autre livre, le corpus poetarum, familier depuis le collège. Il l'ouvre au hasard pour y chercher un conseil et tombe sur le vers : "Quod vitae sectabor iter ?" (Quel chemin suivrai-je dans la vie ?) Apparaît encore un inconnu avec qui il évoque l'Idylle XVII sur l'ambiguïté de la vie, du Oui et du Non de Pythagore. Le corpus disparaît, tandis que l'encyclopédie reparaît à l'autre bout de la table. Seulement le livre n'est plus entier comme il l'avait vu la première fois, il manque des pages.
Ce rêve pose à Descartes la question de savoir ce qu'il fera de cette illumination. Il lui premet aussi de replacer sous une nouvelle perspective son projet de fonder une nouvelle science. A partir du moment où Descartes a retrouvé une certaine humilité et que son ambition n'est plus uniquement alimentée par l'ego, il lui devient possible de compléter l'enyclopédie qui symbolise ici le savoir humain.
Le rêve de LincolnA l'occasion d'une récéption, Lincoln a déclaré la chose suivante ;
C'est étonnant de voir l'importance des rêves. Dans 16 chapitres de l'Ancien Testament on mentionne des rêves. Si nous croyons ce que dit la Bible, les choses viennent à notre connaissance par le rêve. Tenez, dit-il à ses amis, l'autre nuit, j'ai fait tout un rêve :
J'entendais pleurer une foule que je ne voyais pas. Je suis allé dans une autre pièce, il n'y avait personne et puis en passant dans une autre chambre, il y avait des soldats et une tombe. Je me disais en moi-même : "Ce doit-être quelqu'un d'important pour qu'il y ait autant de soldats autour".
Alors en passant je me suis arrêté devant un soldat et je lui ai demandé qui était mort. Le soldat, les yeux rougis par les larmes, me répondit: "C'est le président qui a été assassiné".
Le rêve des deux pays (rapporté par Jung)Ce rêve été fait par le Dr. Hubbard et étudié à l'occasion d'un séminaire animé par C. G. Jung.
Je me retrouvai en voyage. Longtemps, une semaine ou peut-être plus, je voyageai par le train, avec pour seul bagage une petite sacoche qui était inspectée aux nombreuses frontières que je traversais. Je parvins finalement dans le pays où se déroulait l’action : deux pays étaient en guerre ; je ne sus jamais leur nom : dans le rêve, ces noms auraient été superflus : je le différencierais par les appellations de « grand pays » et « petit pays ».
Durant tout le rêve, je demeurais chez les gens du grand pays : ils représentaient un mélange singulier du Nouveau et de l’Ancien. Leurs vêtements ressemblaient à ce que l’on portait il y a cinq cents ans, mais leurs armes étaient modernes.
Certaines de leurs coutumes pouvaient les faire assimiler à la préhistoire, mais leur technique de guerre était moderne.
La guerre entre les deux pays durait déjà depuis des mois lorsque j’arrivais, et j’assistais à son dernier acte. Au commencement de la guerre, le plus grand es deux pays était une monarchie dont le roi était issu d’une très ancienne dynastie.
Les habitants du plus petit pays étaient beaucoup moins nombreux que les autres mais, en tant qu’individus, leur étaient bien supérieurs. La guerre hissa jusqu’au sommet un officier venant du plus petit pays ; cet officier était le héros de mon rêve. Il y avait eu de nombreux combats dont les régiments du petit pays, malgré leur infériorité numérique, étaient sortis vainqueurs, grâce à l’adresse et au courage de cet officier. Il devint général en chef des armées et ses facultés imaginatives, de même que sa constante assurance, lui valurent non seulement le respect mais aussi la dévotion de ses compatriotes. La guerre avait été menée avec fureur, c’était une guerre destructrice ; et les victoires des ce héros, dont je ne sus jamais le nom, se caractérisaient par quelque chose de singulier : chaque bataille s’était soldée par la mort de l’un ou de plusieurs membres de la famille royale du plus grand pays. Finalement le roi lui-même succomba, et le grand pays se retrouva sans chef.
Entre-temps, ces victoires avaient coûté cher au plus petit pays. Ses réserves étaient épuisées, et le combat restait inégal. La fortune commença de tourner La supériorité numérique du plus grand pays épuisait peu à peu les bataillons amoindris du plus petit pays. Leur héros poursuivit le combat jusqu’à la fin. Mais il avait été fait prisonnier peu avant mon arrivée et, dans cette guerre, cela signifiait la mort.
On l’amena triomphalement dans la capitale et on l’enferma dans une petite salle des gardes du palais royal déserté. Sur ordre du gouvernement, on le garda à cet endroit, où on l’accablait d’outrages.
Le peuple chez qui je séjournais était fort singulier. Ils se montraient sauvages et dépourvus de tous scrupules, mais ils faisaient montre aussi d’un culte des héros vivace et par là même étaient en mesure d’apprécier la grandeur de leur prisonnier. Je partageais l’étonnement général devant le traitement diabolique que le gouvernement lui avait réservé. Affamé jusqu’à être réduit à l’état de squelette, le prisonnier était journellement battu et maltraité par ses gardes. Puis ce fut le dénouement : un garde pénétra un jour dans sa prison puis le dépouilla, avec sa brutalité coutumière, de ses vêtements (il convient ici de mentionner que la prison donnait sur un long couloir monumental, au bout duquel se trouvait une grande porte donnant accès à l’intérieur du palais). Les gardes ordonnaient au malheureux, maintenant complètement nu, de se diriger vers cette porte sise à l’extrémité du corridor, d’en pousser le loquet et d’entrer. Le premier garde lui dit : « Dans cette pièce tu trouveras l’épée ». Le second lui dit : « Dans cette pièce du trouveras l’épée qui t’es destinée ». Et le troisième lui dit : « Dans cette pièce tu éprouveras le poids de l’épée qui t’es destinée ».
Accablé de douleur, l’homme traversa le corridor, se saisit de la poignée de la porte et s’immobilisa (…). Il tourna lentement la poignée, pénétra dans la pièce et referma la porte derrière lui. Il pensait être arrivé au lieu de son supplice et s’immobilisa de nouveau. Puis il leva les yeux et regarda devant lui : à sa grande surprise, la pièce était vide, sans juge ni bourreau : il était tout à fait seul !
Il se trouvait dans une grande pièce sombre…. un cabinet royal richement meublé. A ses pieds un riche tapis, et des Gobelins aux murs. La lumière tombait de fenêtres de verre coloré. Il lui apparut peu à peu que ce n’était point là le lieu du supplice et là, devant lui, il y avait l’épée ! Mais ce n’était pas une épée de bourreau. L’épée d’Etat reposait, dans sa gaine dorée, sur un coussin de soie, tandis que la couronne et le sceptre étaient posés sur d’autres coussins.
Quand ses yeux se furent accoutumés à l’obscurité il put distingué, disposés tout autour de lui, tous les insignes royaux. En un éclair, comme il est fréquent dans les rêves, il comprit le sens de l’épreuve qu’il avait passé et la scène s’offrant à lui. Après avoir terrassé le roi, il se voyait absous de son effroyable faute. il avait traversé le corridor nu, abandonnant ainsi derrière lui sa vie et son Moi antérieurs. Et maintenant, ainsi qu’il l’avait deviné, il avait été choisi, lui, le meurtrier du roi, pour occuper le trône vacant.
Il se revêtit, l’un après l’autre des vêtements royaux. il se saisit de la lourde épée et la ceignit, puis il se coiffa de la couronne, prit le globe impérial et le sceptre et repassa la porte qu’il avait déjà franchie en tant que condamné à mort. Il traversa de nouveau le corridor, vêtu en roi et paré des insignes du royaume. Le corridor n’était plus vide. Les chanceliers et les officiers supérieurs se tenaient maintenant de chaque côté du corridor pour rendre hommage au roi du grand pays. Il quitta le palais pour se présenter au peuple et recevoir les acclamations de la foule qui l’attendait.
(tiré de l'Interprétation des rêves de C.G. Jung)
Ce rêve remarquable est interprété par Jung comme exprimant le rapport entre deux principes fondamentaux de l’inconscient, l’un représentant la qualité et l’autre la quantité. Il le rapporte à la figure du Taï-Ghi-Tou